Jeudi 5 février 2009
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Lorsqu’on parle d’Intelligence Economique, l’un des premiers réflexes est de s’intéresser à sa définition. On
pourra observer qu’il en existe beaucoup. En France, l'ancien Haut Responsable à l’Intelligence Economique désigne l’IE
comme : « le recueil et le management de l’information stratégique à des fins décisionnaires pour les acteurs économiques et politiques. » Il est permis de se demander s’il est
facile de définir cette discipline ? Certains désignent l’IE comme l’art d’utiliser l'information de façon la plus efficace pour devancer un concurrent. D’autres également ont tenté d’isoler des
domaines de l’IE : la recherche d’informations, le traitement de l’information, le management des connaissances (knowledge management), le lobbying, la veille, la protection des informations,
l’utilisation des réseaux (humains, relationnels) etc.
Sophie LARIVET et François BROUARD évoquent l’Intelligence Économique comme une « combinaison de
trois fonctions informationnelles » : la veille stratégique (ou renseignement), la gestion des risques informationnels (sécurité et sûreté de l’information, contre-intelligence, lutte
contre les rumeurs, protection du patrimoine informationnel de l’entreprise) et l’influence (action indirecte sur l’environnement par le lobbying, la distribution d’informations pour perturber
l’environnement ou encore l’undercover marketing qui crée des «buzz » favorables ou des rumeurs positives).
Il s’agit de ne pas se perdre dans les nombreuses définitions de cette discipline et de cette
pratique. Dans un souci de présenter l’IE pédagogiquement, nous reprendrons la définition de Nicolas Moinet, Enseignant-chercheur à l’Université de Poitiers, Directeur du Master Intelligence Economique et
Communication Stratégique à l’Institut de la COMmunication et des TEChnologies numériques.
« L'intelligence économique est un mode de pensée et d'action qui consiste, pour les
entreprises et les territoires, à organiser la surveillance systématique de leur environnement, protéger les informations stratégiques, capitaliser et valoriser leurs connaissances (savoirs et
savoir-faire) et être en mesure de déployer des actions d'influence. L'intelligence économique est faite de pratiques légales et éthiques. Travaillant sur de l'information dite ''ouverte'', elle
ne peut être confondue avec l'espionnage. Elle implique une réelle mise en réseau de tous les acteurs, car si la compétence est individuelle, l'intelligence est collective ». Il est essentiel de voir une déontologie à cette discipline pour ne pas l’assimiler à l’espionnage.
Pour ma part, lorsque je présente l’Intelligence Economique, j’insiste sur la notion d’ « intelligence » qui ne désigne pas ici la faculté de connaître ou de comprendre, mais qui reprend fidèlement le terme
anglo-saxon Intelligence, c'est-à-dire le renseignement.
Je vais tenter d’apporter mon propre éclairage sur l’Intelligence Economique. Personnellement,
j’assimilerais l’IE à un circuit vertueux dans l’entreprise. Noyés dans une masse d’informations, nous devons veiller sur l’environnement (acteurs économiques, rupture technologique, sociale,
etc.) qui nous intéresse, pour saisir des opportunités. Ces opportunités sont les informations stratégiques que nous pouvons déceler dans cet environnement. Il s’agit de les traiter, de les
organiser pour ensuite les mettre à disposition du manager ou du dirigeant, afin d’optimiser sa prise de décision.
« Une opportunité, pour une entreprise, est un domaine d’action dans lequel elle peut espérer jouir
d’un avantage concurrentiel [...] Une opportunité, à l’image d’une fenêtre, ne s’ouvre qu’occasionnellement. Si l’on laisse passer sa chance, la fenêtre stratégique se referme et il est alors
trop tard pour maintenir ses positions.Saisir une opportunité doit se faire au bon
moment. »
(Philip Kotler et Bernard Dubois,
Marketing-Management, Publi-Union Éditions, 1986)
L'intelligence économique vise à réduire l'incertitude du manager dans le but d'ouvrir ces fameuses
"fenêtres stratégiques" et de saisir des opportunités pour innover ou créer un marché de niche par exemple...